Chapitre 4, début

Chapitre 4, début
[Music : New Soul - Yael Naim]

4.

Ah dieu ! Il était en retard ! Oh qu'il avait mal au dos ! Putain de canapé à la con va ! Il se leva péniblement et courut vers la douche. Il en sortit quelques minutes plus tard et alla s'habiller rapidement. Sept heures quinze, il rentrait à huit heures alors que l'école de stylisme se trouvait à trente minutes de chez lui ! Pas le temps de se lisser les cheveux, puis, pas vraiment besoin. Il se coiffa avec hâte et mis une touche de fond de teint, il se maquillerait dans la voiture ... faite qu'il y ait un feu rouge ! Pour une fois que ça lui servirait !
Il était sept heures quarante quand il sortit de chez lui, un sac sur le dos et des lunettes sur le nez. Il appuya sur le bouton de l'ascenseur, mais celui-ci ne voulait pas s'ouvrir. Bill commença alors à l'insulter de tous les noms possibles et imaginables, comme si cela servirait à quelque chose. L'ascenseur s'ouvrit bientôt et Bill appuya sur « sous-sol ».
Sa voiture était rangée près de la sortie, il s'y précipita. L'auto sortit du parking souterrain peu après et roula rapidement. Comme prévu, un feu rouge le stoppa au coin de rue, il en profita pour se maquiller, mais à peine eut-il finit son premier ½il que le feu vert autorisait la circulation de son côté. Il échappa un « merde » avant d'appuyer sur l'accélérateur.
L'école supérieure de stylisme international se dessina bientôt devant lui. Il se rangea à l'un des nombreux parkings encore vides. Huit heures cinq ! Son ½il gauche n'était pas maquillé ! Et merde ! Il sortit vite fait son eye-liner et commença à faire très vite – mais agilement cependant – le contour de cet ½il. Trois minutes plus tard, il sortit de la voiture et se rendit presque en courant vers sa salle, ce matin, c'était cours de dessin, l'un de ses préférés, mais le prof était très chiant ...
Il ouvrit la porte avec une violence qui lui était peu habituelle. Dès qu'il entra, les regards furent tous portés sur lui. Ok, il l'admettait : il était magnifiquement beau, mais quand même !

- M. Kaulitz ... en retard, comme d'habitude ! gronda le professeur
- On ne change pas les bonnes habitudes monsieur.

Bill alla s'asseoir à sa place. Il était le major de sa promotion, mais son attitude et son air supérieur – même s'il ne faisait pas exprès – déplaisaient autant aux autres étudiants qu'à ses professeurs.

***

Rebecca venait de sortir de chez elle. Il faisait plus froid que hier. Mais d'un côté, c'était normal : Noël serait dans deux semaines. Elle l'attendait avec impatience ! Elle prit la direction opposée à celui qui va vers le centre-ville et s'enfonça un peu plus dans la banlieue. Elle frissonnait un peu quand une légère brise vint jouer avec ses cheveux blonds. Les talons de ses bottes faisaient un drôle de bruit sur le bitume où il y avait encore des traces de l'orage de la veille. Elle détournait les flaques d'eau habillement, et elle en sautait d'autres en faisant voler ses cheveux. Elle était très belle Rebecca, même quand le froid rendait sa peau presque fantomatique, ses lèvres restaient d'une rougeur sanguine, cela la rendait presque morbide ... mais dieu sait qu'elle était magnifique !
Elle arriva bientôt devant une villa basse où elle sonna deux fois, il était neuf heures trente. Elle attendit dix bonnes minutes avant que l'on ne l'ouvrât.

***

Katrin était en laboratoire, en train de développer certaines photos pour son cours. Elle prit soin de ne pas se mettre les produits partout et de ne pas trop laisser les négatifs dans le bac. Bientôt, les photos qui en sortirent furent tout simplement magnifiques. Une touche de rosée par-ci, un ciel azur par-là et des noirs et blancs pour les plus belles. Elle sourit, fière de son travail. Elle sortit du laboratoire, laissant les photos dedans mais en emmenant son appareil avec elle. Un appareil qui datait d'on ne sait combien d'années, de ceux qui ont encore une pellicule. Elle en avait deux, un qui était numérique et un autre à pellicule, mais le plus vieux était le plus cher à ses yeux ... c'était son père qui le lui avait offert à ses douze ans. Elle se rendit dans l'une des nombreuses salles de cour, l'Art visuel y était enseigné.

***

Sharon avait quitté son domicile très tôt le matin. Elle s'engouffra dans sa voiture et partit en direction d'un endroit qu'elle connaissait presque par c½ur. Elle y arriva vers six heures. Elle sortit et entra. Les pierres tombales avaient un air totalement funeste et pourraient glacer le sang à n'importe qui. N'importe qui à part Sharon. Elle marcha le long de l'allée, à travers les croix blanches hostiles devant lesquelles des fleurs fanées et décolorées par le temps essayaient encore de survivre au vent froid de l'hiver. Les mains dans les poches, Sharon marchait tête haute. De l'autre côté du cimetière, le gardien la regardait s'avancer parmi tous ces morts, c'était ainsi chaque semaine. Un rituel. Elle s'arrêta devant l'une des pierres tombales, les restes d'un bouquet de roses blanches devant. Aujourd'hui, elle n'amenait rien, seulement un c½ur lourd en sentiments, et les quelques larmes habituelles.
Elle s'agenouilla doucement, les larmes perlaient déjà au coin de ses yeux verts. Elle effleura la pierre tombale de sa main gauche, ses mains glissèrent doucement sur chaque lettre et en redessinaient les contours : « Rachel Kipling ». Elle se remémora alors ces années passées avec elle. Chacun de ses sourires faisait naître le sien. Ses rires étaient contagieux et ses mots la rendaient tout simplement malade. Ses regards étaient une explosion de plaisir, dès fois trop intense. Rachel c'était tout ça à la fois, un rien dans un monde qui était tout pour elle. Elle l'avait aimée autant qu'il était possible d'aimer une personne. Il y a des moments qui figurent dans votre éternité.
Elle retourna chez elle quelques minutes plus tard, se remit en pyjama et se rendormit sur le canapé, il était sept heures.

***

Alexis commençait vraiment à s'énerver. Il avait une envie folle de dormir, mais la dame devant lui ne cessait pas de discuter au téléphone depuis une bonne vingtaine de minutes. Mais non seulement elle parlait d'une voix aiguë mais elle frôlait les hurlements de joie des fois. Son maquillage exagéré lui donnait un air d'animatrice d'une mauvaise émission à la télévision. Ses cheveux roux attachés en chignon et ses longs ongles donnait une impression d'être devant une Mylène Farmer, mais en pire. Exaspérant .... Mais de plus, celle-ci ne semblait pas vraiment être au courant qu'elle fût la raison de tout cela.
Désespéré, Alexis se leva et changea de place, le plus loin possible de celle-là ! Le train arriverait à Strasbourg dans moins de deux heures. Il s'assit près d'un jeune homme d'une quinzaine d'années qui ne semblait pas lui porter d'attention. Il s'endormit dix minutes plus tard.

***

Tom et Rebecca sortirent de la villa. Ils iraient ensemble chez le concessionnaire automobile. Il prendraient un taxi ... mais sauf que il n'y avait pas beaucoup de taxi dans la banlieue résidentielle de New York ... formidable ! Il faudrait marcher pendant une bonne quinzaine de minutes ! Tom et Rebecca se regardant, cherchant dans l'autre ce qu'il faudrait faire, car Rebecca n'avait envie de se faire quinze minutes de marche, alors que Tom n'était pas contre.

- C'est pas comme si une voiture va tomber du ciel aussi ! argumenta Tom, en levant les yeux vers le ciel plutôt nuageux.
- Bah ... pourquoi pas ? c'est pas toi qui mets des talons hauts !
- On va chez toi et tu mets des baskets !
- Soit pas idiot Tom !
- Mais que veux-tu que je fasse bordel !
- Je sais pas moi ...
murmura Rebecca en regardant par terre et en tournant les pouces, Tom craqua.
- Ok ... t'aurais pas le numéro d'une compagnie de taxi alors ?
- Non ...


Tom soupira et murmura un « c'est chiant les femmes » avant de retourner chez lui, mais se rendit compte qu'il n'avait pas d'annuaire. Quelle veine ! Il jura fortement avant de traverser la rue et d'aller frapper à la maison d'en face. Sharon se présenta à la porte quelques minutes plus tard, en pyjama bleu, les cheveux non coiffés et quelques cernes autour des yeux. Tom manqua d'exploser de rire.

- Oh merde ! cria Sharon avant de se refermer la porte précipitamment.

De l'autre côté de la route, Rebecca était pliée de rire à s'en étouffer. Des larmes perlaient déjà au bord de ses yeux, et quand elle se calma, la porte d'en face se rouvrit.

- Désolé, dit Sharon, rouge de honte.
- Non, c'est bon ... euh ... t'aurais pas un annuaire s'il te plait ?

Sharon fut surprise par la question. Elle posa un regard interrogateur sur Tom et puis sur Rebecca qui lui faisait signe en souriant – comme une conne pensait Sharon – mais elle ne dit rien, et rentra dans sa maison, laissant Tom devant la porte. Quelques minutes plus tard, la porte se rouvrit et Sharon reparut en jean et en t-shirt, un annuaire datant de l'année précédente dans les mains. Elle le tendit au dreadé. Ce dernier la remercia et repartit. Arrivé près de la blonde, Tom commença à feuilleter l'annuaire qui ressemblait plus à un dictionnaire qu'à autre chose. Bientôt il trouva la page et téléphona. Il avait besoin d'un taxi ... à Brooklyn* ... oui, c'est ça ... dans dix minutes ? très bien ... le seizième ... au revoir. Tom raccrocha, traversa encore la rue et sonna encore chez Sharon. Celle-ci fut à la porte quelques secondes plus tard. Tom lui rendit son bien, et après quelques mercis, retourna près de Rebecca.

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* : Brooklyn est plutôt une sorte d'arrondissement plutôt riche et aisée qu'un quartier (comme Manhattan, le Bronx et le Queens), mais, ne voulant pas me casser la tête à chercher le nom d'un quartier dans Brooklyn, disons que c'est un quartier riche et aisée.

P.S : on m'a demandé si j'avais d'autres blogs, donc, mes one-shots, et mon blog perso.

# Posté le dimanche 23 mars 2008 12:53
Modifié le dimanche 23 mars 2008 13:28

Chapitre 4, suite

Chapitre 4, suite
[Music : Qui je suis - Kyo]

Il était midi quand Bill sortit enfin de la salle de cour. Il bailla avant de franchir l'entrée principale de l'université. Il se rendit simultanément à sa voiture, car il n'avait plus cours l'après-midi. En voiture, il essaya d'arriver à Broadway pour une heure, mais les bouchons de New York étaient tellement denses qu'il ne stationna près du French Coffee avec trente minutes de retard. Il entra dans l'établissement et alla s'asseoir près de la fenêtre, d'où il pouvait surveiller sa voiture. Il commanda vite fait des frites, suivis d'un cappuccino qui arrivèrent quelques minutes plus tard.
A cette heure, le French Coffee débordait de monde mais ceux-ci s'en allaient plutôt avec leurs plats que rester et prendre du bon temps. Le stress de New York, sûrement. Bill essayait depuis longtemps de se persuader qu'il n'entrerait jamais dans cette tornade infernale et vicieuse qu'est la vie métro-boulot-dodo, entre le stress d'avoir une promotion et celui d'entretenir une famille avec une femme et des gosses, mais on ne faisait pas exprès. Puis, petit à petit, depuis son installation dans cette ville, il avait pris lui aussi cette habitude qu'il redoutait et qu'il détestait tellement. « Pas envie d'être comme mes parents » disait-il ... mais maintenant ? Il se réveille toujours tôt pendant la semaine, pas le temps pour le petit-déjeuner, hop ! Les cours, puis déjeuner ... puis ... l'après-midi de libre ! Il prit une frite dans l'assiette et la porta à sa bouche, trop de sel. Mais bon ... il termina l'assiette bientôt, et fit signe au serveur que celui-ci pouvait amener son capuccino. Son téléphone portable vibra sur sa table, il décrocha. Oui, c'était bien Kaulitz ... Bill ... ah Sharon ! ... s'il se souvenait d'elle ? Mais bien sûr que oui ! ... oui, il était libre ... ah ! Elle parlait de ça ! Non ... oui, il était en couple maintenant ! ... depuis une dizaine de mois ! ... oui, la banque appartenait à son père ! ... Ah ! Elle y était allée ! ... Stylisme ! ... Lui aussi aimerait la revoir bien sûr ! ... cet après-midi ? Pourquoi pas ! ... deux heures à l'entrée est du Central Park ? ... c'est parfait ! ... oui, c'est ça, à tout à l'heure ....
Il raccrocha et sourit. Il se leva, et alla payer à la caisse avant de sortir du café.

***

La gare était tout simplement bondée, on dirait que la moitié de Strasbourg s'y était donné rendez-vous ! Alexis essaya de sortir de la gare en entier, mais les gens le bousculaient en contre sens. Dès qu'il fût hors de la foule, il prit un taxi qui l'emmena devant un grand immeuble de banlieue. Les balcons étaient remplis de linges de diverses couleurs et la façade grise donnait un air froid et inquiétant à l'endroit. Alexis entra dans le hall vide et chercha l'ascenseur des yeux qu'évidemment il ne trouva pas : il n'y en avait pas. Il devrait donc monter trois étages par les escaliers. Les murs de ces escaliers étaient tapissés de graffitis de différentes couleurs, et on entendait parfois des cris provenir de certains appartements. Alexis frissonna et monta les marches d'un pas plutôt lent et mal assuré. Arrivé au deuxième étage, il du traverser un long couloir sombre, dont le sol semblait ne pas être laver depuis un an, pour rejoindre l'escalier menant au troisième. Soudain, il entendit un cri atroce traversé tout l'immeuble, il hésita avant de poser le pied sur la première marche, les autres furent plus faciles à monter malgré l'ambiance inquiétante et mystérieuse qui régnait dans tout l'immeuble. Il arriva bientôt au troisième étage, au prix de mille efforts pour se persuader de ne pas rebrousser chemin, fit quelques pas et s'arrêta devant une porte où il toqua doucement.


***

Katrin essayait tant bien que mal de se concentrer sur le cours. Le professeur avait beau expliqué mille fois devant à ses élèves – dont un tiers écoutait – un principe fondamental sur la photographie moderne, rien ne voulait rester dans la tête de la blonde. En faite, la pluie qui s'acharnait sur Paris l'intéressait bien plus. Depuis ce matin, c'était ainsi ... rien n'attirait plus vraiment son attention, tout semblait fade, ici. La neige tomberait ... la neige tomberait ... elle essayait de s'en persuader, au moins pour lui rappeler l'Autriche ... ça lui manquait trop l'Autriche bordel ! Dehors, le vent bataillait avec les arbres et les gouttes de pluie tombaient légèrement sur la ville grise. Ici, tout le monde semblait absorber par ses propres pensées et en oubliait ce qui se passait autour d'eux. Un silence complet se faisait entendre dès que le professeur s'assît. Chacun écrivait on ne sait quoi sur leur cahier, et d'autres sur les tables qui croulaient déjà sous des milliers d'écriture des générations d'élèves ayant passés leur études supérieures dans cette université.
Katrin dessinait au crayon sur l'un de ses cahiers. Ses mains semblaient être autonomes et n'agissaient parfois que par pur reflex professionnel. La majorité de ses gestes étaient d'une souplesse infinie et d'une précision infernale, les traces de gomme étaient pourtant multiples. La page se noircit à grande vitesse. La manche d'une guitare était en train de se finir alors que le reste était déjà parfait. Le contraste s'affinait de plus en plus, mais la feuille se froissa avant que la rose qui traversait le dessin ne fût achevée.

***

Le contrat fut signé vers deux heures de l'après-midi. Tom venait officiellement de faire l'acquisition d'une Audi A4 grise, de quoi frimer devant son frère ! Avec Rebecca, ils quittèrent l'établissement du centre-ville qui abritait le concessionnaire. Il récupèrerait sa voiture demain, vers dix heures. Rebecca héla un taxi, elle partit avec Tom, direction Central Park.

***

Sharon sortit de chez elle, traversa l'allée et entra dans sa voiture. A peine sortit-elle de la banlieue qu'un embouteillage lui interdisait d'aller plus loin. Elle s'énervait à vue d'½il en attendant que les voitures de devant daigneraient bien avancer ne serait-ce que de quelques mètres, elle tapota machinalement sur le volant. A l'extérieur de la voiture, une fine averse commençait à s'étendre petit à petit sur la ville, mais cela ne dura qu'une dizaine de minutes. Trente minutes plus tard, elle roulait sur la cinquième avenue et stationna non loin de Central Park, elle y entrerait dans cinq minutes.


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La photo ci-dessus, c'est Ann-Katrin, pour celle qui ne l'ont pas reconnue. Je n'ai rien contre cette fille, au contraire, je lui ai parlé sur MSN un jour, c'est tout. Pour que vous puissiez mieux vous imaginer Sharon, disons qu'elle est comme elle. Je vous mettrai une pix de Rebecca quand j'en trouverai une qui correspondra.


Excusez-moi si cet article est court, mais je ne pouvais pas mettre la suite sur le même article, vous comprendrez qu'il faut un minimum de suspens à cet fiction !
# Posté le mercredi 26 mars 2008 07:07

URGENT

ça fait une dizaine de jour que Bill est malade, ce n'est pas une nouvelle pour tout le monde, mais je viens d'apprendre qu'il va se faire opérer (grand choc pour moi) et que la tournée européenne (auquel j'ai failli aller) est totalement annulée ...

tout ça pour dire que je suis très inquiète pour lui et le reste du groupe ... surtout pour les twins, car on n'est pas sans savoir que tous les deux peuvent ressentir les émotions de l'autre donc ... vous pigez quoi ! Puis, j'ose même pas imaginer le reste de ma vie si Bill venait à perdre sa voix ! Gott !

Donc, à travers ce blog, et même s'ils ne le verront jamais, je tiens à dire que je les soutiens énormément, mais que je ne suis pas la seule ... voilà !

Je ne peux donc pas écrire en pensant que la personne sur qui j'écris est en ce moment en train de souffrir, je n'arrive même pas à aligner trois mots ... la suite peut-être très tard dans la soirée.
# Posté le mercredi 26 mars 2008 08:23
Modifié le mercredi 26 mars 2008 09:03

Chapitre 4, suite

Chapitre 4, suite
[Music : J'étais là - Zazie]

Alexis sortit de l'immeuble, les mains moites et le teint plus pâle que d'habitude. Il frissonna quand une brise vint jouer avec son corps fin. Il marcha doucement vers on ne sait où, là où ses pas le porteraient tout simplement. Pourquoi tout se passait ainsi bordel ? Et maintenant en plus ! Les questions commencèrent à se bousculer dans sa tête comme les élèves qui se bousculent dans la cour de récréation dès que la sonnerie retentissait. Mais cette sonnerie lui donnait une migraine folle ! Il se demandait vraiment si Dieu existait, maintenant. La croyance change toujours chez les hommes, tout dépend des évènements, tantôt ils croyaient forts au Créateur, tantôt celui-ci n'existe plus. Ce serait plutôt à Dieu de se demander ce qu'il avait fait aux hommes bon sang !
Le jeune homme héla un taxi, il voulait retourner à la gare et repartir, au moins pour réfléchir un peu, ou peut-être pour fuir une partie de sa réalité.

***

Central Park n'était pas aussi fréquenté que le week-end. Tom et Rebecca s'assirent sur un banc non loin de l'entrée est. Chacun d'entre eux avait un coca à la main. Alors que Rebecca torturait nerveusement les touches de son portable, Tom fixait un point imaginaire à l'horizon. Rebecca souffla une insulte et rangea son téléphone.

- C'était beau, la France ? commença la blonde.
- Très ...
- Ça va aller ? Tu as l'air ... pensif.
- Oui, ça va ...
- C'est beau comment, la France ?


Tom posa ses yeux chocolat sur Rebecca, qui avait ramené ses jambes près de sa poitrine et les enlaçaient de ses bras.

- Tu n'y étais jamais allée ? s'informa le blond.
- Non ... jamais je ne suis allée en Europe ... sauf à Londres, mais ça, ça ne compte pas. On m'avait seulement dit mille fois que la France est le plus beau pays d'Europe, et Paris est magnifique.
- C'est vrai que Paris est magnifique ... mais l'Allemagne, c'est mieux !


Rebecca sourit. Elle était riche, Rebecca. Sa famille était originaire d'Ecosse, mais elle n'y avait jamais mis les pieds. Ses vacances, elle les avait toujours passés en Asie ou au Brésil, et dès fois, dans l'archipel hawaïen, mais jamais en Europe. Il lui arrivait cependant d'aller à Londres, mais jamais au-delà, pourtant elle aimerait bien.
Tom prit une cigarette et l'alluma mais la blonde la prit de ses mains et la jeta par terre avant de l'écraser sous le regard effaré du jeune homme.

- Mais ça va pas ou quoi ?
- Tu n'as pas le droit de fumer dans un lieu public !


De l'autre côté du parc à l'entrée est, Sharon attendait un certain jeune homme.
Bill venait de laisser sa voiture assez loin du parc, tous les parkings étaient pris. Il marcha lentement en jouant avec les touches de son téléphone portable. Il arriva bientôt devant l'entrée est où il vit Sharon qui l'attendait déjà.
Rebecca voyait la scène de loin. Elle reconnut de suite Bill s'approcher de la jeune blonde. Elle donna un coup de coude à Tom qui pestait encore sur sa cigarette. Tom suivit le regard de son amie et découvrit son frère en train de faire la bise à ... Sharon ! Il se leva, fit quelques pas vers eux, mais Rebecca l'en empêcha en lui tenant les bras.

***

Katrin sortit de l'université. Elle traversa deux rues à pied, ayant parfois du mal à se faufiler à travers les piétons, eux aussi pressés. Elle entra dans le sous-sol du métro. Un jeune homme était assis devant elle. Il la dévisageait depuis une bonne dizaine de minutes. Katrin essayait tant bien que mal, plutôt mal, de se concentrer sur son roman, mais plus les minutes passaient, plus les mots lui semblaient juste survoler son cerveau. Elle se leva et changea de place peu de temps après.
Elle ouvrit la porte de son appartement et découvrit Alexis affalé sur le sofa, une cannette de Red Bull dans les mains et Tobby dormant à ses pieds. Katrin posa son sac sur le canapé et rejoignit la cuisine où elle prit un verre de lait qu'elle termina d'une gorgée. Il alla s'installer près de son colocataire qui avait l'air totalement absent. Elle commença alors à le parler mais celui-ci ne répondait que par les monosyllabes vagues et désintéresser.

- Je me suis fait écrasée par une voiture, tout à l'heure ...
- Mm ...
- Puis, des extra-terrestres m'ont violé en plein Champs-Élysées !
- Mm ...
- Et puis, le chien bah ... il est mort d'asphyxie tellement il rigolait !
- Oui ...
- Mais heureusement, Superman, il est venu nous chercher en navette spatiale !
- Mm ...


Katrin soupira fortement et se leva du canapé. Elle retourna à la cuisine et revint après avec un verre d'eau glacé dans une main et un sandwich dans l'autre. Le verre pour Alexis, le sandwich pour elle.
Un cri perçant traversa tout l'appartement quelques secondes plus tard, et un Alexis mouillé courait après une Katrin dont la bouche était pleine. Alexis jurait sa race à la blonde qui, en plus d'éclater de rire la bouche pleine, trébuchait dès fois. Tobby aboyait beaucoup et une boucan inimaginable se faisait entendre dans tout l'appartement, si bien que, quelques minutes plus tard, la vieille voisine d'à coté vint frapper à leur porte en criant haut et fort que s'ils continuaient, elle avertirait la police pour tapage nocturne. La voisine repartit en maugréant, et dès que la porte fût refermée, Alexis et Katrin se regardèrent avant d'éclater de rire. Ayant fini de rire – comme des malades, disons-le – ils se regardèrent les yeux dans les yeux. Ils étaient près l'un de l'autre. Trop près même. Ils se rapprochèrent plus, leurs souffles se mêlèrent, leurs doigts se cherchèrent, la poitrine de Katrin se collait au torse d'Alexis, bientôt, leurs lèvres se frôlèrent et ils échangèrent un baiser.


***

Tom rentra chez lui assez tôt dans la journée en laissant Rebecca chez elle. Celle-ci était d'ailleurs énervée et semblait vouloir taper sur tout ce qu'elle voyait.
Il laissa son sweater sur un canapé, prit une cigarette et la fuma. Il alla dans la douche, se déshabilla et entra sous le jet d'eau tiède de la cabine. L'eau semblait noyé sa journée et la chaleur le portait dans un autre monde. Il n'en sortit que trente minutes plus tard, et ne se vêtit que d'un boxer noir. Il partit s'affaler sur un sofa et regarda un film qu'il avait déjà vu plusieurs fois, mais qu'il aimait toujours autant.


***

Rebecca venait de sortir de sa baignoire. Son corps fin dégoulinait d'eau. Ses seins se laissaient voir car sa serviette n'était attachée qu'à sa taille. Elle se regarda dans le miroir. Peut-être qu'elle se faisait des films ? Bill ne la tromperait jamais ! Jamais .... Elle ne s'était pas permise de pleurer devant son presque futur beau-frère. Presque .... Ses yeux rougis lui semblaient pitoyables. Elle alla dans sa chambre où elle ouvrit sa penderie. Elle choisit une chemise blanche et un jean slim noir. Elle mit ses escarpins avant de retourner devant son miroir où elle se maquilla légèrement les yeux et souligna le rouge de ses lèvres. Elle prit un sac à main blanc de chez Chanel où elle fourra toutes ces affaires et accessoires avant de pianoter sur son portable. Une tonalité se fit entendre.

- On se retrouve à « l'Española », vers sept heures, ok ?
- Sans problème.


Elle sortit de sa villa et monta dans sa voiture, une BMW noire.


***

Bill et Sharon s'étaient promenés tout l'après-midi, évoquant les souvenirs d'enfance. Ils s'étaient connus au collège, en Suisse, mais seulement deux ans. Deux ans pendant lesquels ils furent ensembles pour trois ou quatre mois. Bill partit en Allemagne juste après leur rupture. Ils avaient renoué contact il y avait une semaine, après une rencontre durant un exposé d'art.
Ils entrèrent dans un restaurant près du port, l'un des meilleurs restaurants de fruits de mer de la ville. C'était la première fois que Sharon y entrait, et elle fut émerveillée par le décor de luxe. A table, les rires dominaient l'ambiance, et les sourires et moues craquantes de Bill charmaient Sharon sans faire exprès. Le temps passait. Ils se remémorèrent le jour où un gros gars de la classe s'était fait humilié par une fille de huit ans. D'ailleurs, qu'était-il devenu ? Aucun des deux ne le savait.

- Mais en faite, tu n'aurais pas un frère jumeau déjà ? s'informa Sharon entre deux bouchées de crevettes.
- Oui ... pourquoi ?
- Il s'appelle comment, je ne m'en souviens plus.
- Tom ...
- Je connais un Tom ... très beau !
- Ah !


Ils se sourirent et continuèrent la discussion autrement. La soirée se termina quand Sharon devait repartir pour Central Park pour reprendre sa voiture. Bien sur, Bill insista pour la raccompagner, mais non, la blonde ne voulait pas le tracasser.
Bill arriva chez lui vers neuf heures du soir, et, sans se déshabiller, fila sous sa couette.

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Pix : voiture de Tom
# Posté le jeudi 27 mars 2008 13:39
Modifié le jeudi 27 mars 2008 13:54

Chapitre 4, suite

Chapitre 4, suite
Désolé du retard, je n'ai pas eu Internet la semaine dernière. Voici la suite. Ah oui ! j'allais oublier de vous préciser que les dialogues sont en anglais mais aussi que le chapitre 4 est très long.

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[Music : 1973 - James Blunt]

Sur l'euphorie du moment, ils ne tinrent pas plus compte de l'absence d'amour autant dans leurs baisers que dans chacun de leurs gestes devenus désir et envie. Les yeux fermés, leurs lèvres scellées, ils s'avancèrent par mémoire et automatisme vers la chambre la plus proche, c'est-à-dire celle d'Alexis. La porte de celle-ci s 'ouvrit brusquement, et dès qu'elle se refermât, Alexis plaqua Katrin contre celle-ci. Leurs langues avaient déjà depuis longtemps entamé une danse endiablée et leurs doigts brûlaient quand ils se frôlèrent. Les mains d'Alexis se baladaient déjà sous le T-shirt de Katrin, caressaient ses seins et redessinaient ses courbes. Celles de Katrin s'affairaient à essayer de descendre la braguette d'Alexis mais c'était plus facile à dire qu'a vu leur corps collés. Alexis souleva le T-shirt de Katrin doucement, et la lança quelque part. Les autres vêtements qu'ils avaient se retrouvèrent bientôt éparpillés au sol.

***

Rebecca entra dans le restaurant à moitié vide. L' Espanõla se trouvait près du port. Rebecca s'avança vers la baie vitrée qui donnait sur les navires du port. Un peu à droite, on voyait la Statue de la Liberté illuminée au milieu de l'océan noire et incertaine. Elle s'assit doucement en posant son sac à main à terre et attendit. Un serveur passa pour la commande mais elle ne prit rien et lui sourit en lui disant qu'elle attendait quelqu'un. Le serveur repartit sans aucun autre mot. Dix minutes passèrent sans que quiconque n'arrivait vers Rebecca qui passait son temps à compter les scintillements des étoiles, presque absentes. Les yeux toujours rouges, elle scrutait l'horizon. De l'autre côté se trouvait le Royaume-Uni. Le pays de sa Majesté avait eu pour elle quelque chose de fascinant, un on ne sait quoi qui faisait une différence grandiose rivalisant avec tous les autres pays du monde. Même New York n'avait pas autant de classe et de prestige que Londres.
Une main se posa sur son épaule, ce qui la fit sursauter. Elle regarda son propriétaire. Un grand brun, sûrement deux fois plus âgé qu'elle, au teint bronzé se trouvait devant elle, un sourire rayonnant. Elle répondit à ce sourire par un autre et lui indiqua une place devant elle. Il s'y asseye mollement.

- Alorrrrs, comment va ma blondé prrréférrrée ? s'informa-t-il avec un accent espagnol très perceptible et une faute d'anglais que Rebecca remarqua à peine.
- Bien, merci ... et toi ?
- Ça va ... ça vient ... alorrrrrrs, qu'est-cé qui sé passé ?

Un serveur, autre que tout à l'heure, vint à leur table. Il leur donna la carte, que Sharon reposa aussitôt. Chacun d'entre eux choisirent une paella, l'une au fruit de mer et l'autre végétarienne. Le serveur repartit satisfait.

- Alorrrs ? reprit l'homme.
- Alors quoi ?
- Pourrrrquoi est-tou ici ?
- Envie de te voir ...
répondit Rebecca, lasse
- Né mé mens pas, s'il té plait ... tes yeux sont rrrrougés et à chaqué fois qué tou m'appelles, c'est parrrrrcé qué tou a oun prrrroblèmé !
- Ce n'est rien ...
- C'est tes étoudés ?
- Non ...
- Ton fiancé alorrrrs ?
- Comment tu sais ça ?
- Oun année qué jé té connais, tou sais ? Qu'é cé qu'il t'a fait ?
- Rrrrien justement ...
- Jé né sait rrrrrrien sourrrr ton copine tou sais mais si il t'a fait du mal ou justément comme tou l'a dit il né t'a rrrrien fait, il faut en parrrlé ...
- Tu penses vraiment ?
susurra Rebecca en regardant tristement le port.
- Oui ... ma femmé m'a quitté parrrrrcé qué il n'y avait aucoun dialogué entrrrré nous. Et toi, tou es trrrrrop jouné pourrrr soubirrrr oune souffrrrrrancé parrrreil ! O plous, vous n'êtés pas encorrrrré marrrrié ! fais oune efforrrrrt ! prrrrrofité de la vie ! ne fais pas des errrrreurs bêtes et inoutilés ! o plousssss, tous cé qué tou as dit surrrr loui semblait si merrrrrveilleux que jé pensssssse qué vous quittés sourrrr un malentendou serrrrrrrrait oune grrrrosssé errrreurrrr !

Rebecca se leva d'un bond, lança un « annule la commande ! » avant de se précipiter hors du restaurant.

***

Tom se rendit compte que le rideau de sa fenêtre n'était pas fermé. Au début, il se dit que cela ne faisait rien, ce n'était pas comme si quelqu'un allait s'introduire chez à travers. Mais, au bout d'une quinzaine de minutes, il se leva en soupirant bruyamment et alla fermer ce foutu rideau, mais au même moment où il prit le rideau, il vit une silhouette ouvrir la porte de la maison en face de la sienne. La silhouette entra dans la maison tandis qu'une voiture repartait. Il reconnut aussitôt le ronronnement du moteur d'une Audi A3. Tom courut à sa porte et sortit précipitamment de chez lui. Il traversa la rue sombre en courant presque et toqua à la porte de la maison de Sharon. Il attendit cinq bonnes minutes – durant lesquelles il crut qu'il allait mourir de froid – avant que Sharon ouvrit la porte, vêtu d'un short assez – très – court et d'un débardeur. Elle lui sourit, sourire qu'il ne lui rendit pas.

- Je peux te parler ? demanda Tom, assez hésitant.
- A cette heure ?
- Euh ... oui ...


La jeune femme élargit la porte pour le faire entrer. Le hall était sombre. A sa droite, une lumière, qui contrastait avec le ténèbre du hall, se voyait à travers une porte entrouverte. Il ne distingua rien, à part un escalier à sa gauche. Sharon le conduisit à travers la porte entrebâillée. Le salon était plutôt joliment décoré. Quelques tableaux de style contemporain ornaient le mur, et une immense télé diffusait la météo. Sharon invita Tom à s'asseoir sur un canapé en cuir noir.

- Tu veux un truc à boire ?
- Rien ... merci ...


Tom ne savait plus ce qu'il devait faire. En faite, il ne savait même pas pourquoi s'était-il précipité chez elle ! Coup de tête sûrement ! Sharon prit place sur un sofa où elle regarda son « invité », surprise.
Tom ne savait pas s'il devait lui dire qu'il l'a vu en compagnie de son frère quelques heures plus tôt, qu'elle ferait bien de ne pas s'attacher à lui car il avait une presque fiancée, et que Rebecca y tenait beaucoup. Mais pourquoi s'initier dans les affaires de son jumeau ? Après tout, elle fait ce qu'elle veut et ... et merde !
Il regarda son hôte un instant. Il ne s'était pas rendu compte avant, mais elle ressemblait beaucoup à quelqu'un ... non, elle avait l'air plutôt familière ... il l'a déjà croisé quelque part peut-être ! Oh ... et puis merde !

- Alors ? demanda Sharon brusquement, ce qui fit sursauter Tom.
- Euh ... tu ... tuconnaîtraispasuncertainbillparhasard ?
- Hein ?
- Je ... je t'ai vu cet après-midi !
- Ah !


Les joues de Tom rougirent et il eut un intérêt soudain pour ses baskets.

- Et ... tu m'as vu où ? reprit Sharon.
- Central Park !

Sharon le regarda, stupéfaite. Elle détourna les yeux vers la télé, puis se reconcentra sur le jeune homme.

- Tu ... m'as vu faire quoi ?
- La personne avec qui tu étais ...
- Le brun ?
- Oui, Bi ... le brun ! C'était ton copain ?


Tom se mordit la lèvre inférieure. Aucun tact ! Il était trop brusque et il s'en maudit, vu l'air interrogateur de Sharon.

- Ce sont mes affaires ! s'exclama soudainement la blonde.
- C'était mon frère ... enfin ... c'est mon frère !

Sharon n'en cru pas ses oreilles. Elle le regarda se tortiller sur son canapé.

- oh ! je ... j'imagine que tu es son jumeau alors ?
- il t'a parlé de moi !?
- presque toute la journée ! il t'aime beaucoup, tu sais !
- tout le monde m'aime !
répondit-il en bombant le torse d'un air fier.
- Et ... tu me voulais quoi ?
- Juste te dire qu'il a une copine
, dit-il en reprenant toute son assurance.
- Je ne m'intéresse pas du tout à lui ...
- Tu as un copain ?
- Non ... j'avais une copine ...
# Posté le mardi 08 avril 2008 11:41
Modifié le jeudi 17 avril 2008 13:37